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Hommage aux frères des Écoles chrétiennes du Mont-Saint-Louis

Conventum 1967-2017

Le 16 novembre 2017, une ancienne et 21 anciens de la promotion 1967 se sont réunis au Mont-Saint-Louis auprès de 2 de leurs anciens enseignants, afin de souligner le 50e anniversaire de leur passage au MSL.

Hommage aux frères des Écoles chrétiennes du Mont-Saint-Louis

Chers camarades et frères enseignants,

Nous sommes ici réunis à ce conventum parce que nous voulons souligner le 50e anniversaire d’un jalon important dans notre vie, celui d’avoir décroché notre baccalauréat ès arts. Ce fameux B.A. fut le diplôme couronnant notre cours dit classique. La culture que nous y avons acquise durant ces 9 années des Éléments Français à Philo II est le fruit de l’enseignement de frères des Écoles chrétiennes, pour la plupart, et des professeurs laïcs. […]

À la fin des années cinquante, notre Alma Mater avait une clientèle composée en très grande partie de pensionnaires et le reste d’externes. Cela permettait à des jeunes de l’extérieur de Montréal de suivre leur cours classique ou scientifique.  […]

La clientèle du Collège comprenait un bon nombre de jeunes dont les familles n’étaient pas financièrement fortunées. En adaptant un précepte de Jean-Baptiste de Lasalle, un programme de dons, de prêts et de bourses leur permettait de suivre leurs études dans une institution de qualité. On n’a jamais eu à déplorer des attitudes hautaines de la part des riches envers ceux qui ne l’étaient pas. Les frères ne l’auraient pas toléré. […]

Qui n’a pas participé à différents sports durant l’heure du dîner, comme le ballon-chasseur, le hockey cosom ou le ping-pong ? Grâce à des installations sportives à la fine pointe du progrès dans un gymnase tout neuf, qui n’a pas joué aux quilles, soulevé des poids et haltères, tiré à la carabine, fait de la boxe, joué au basketball, fait de la gymnastique au sol ou sur appareils comme le cheval d’arçons, barre fixe ou parallèle, aux anneaux, etc. ? Qui ne se souvient pas de la glorieuse équipe de football, les Kodiaks ? Le talent de certains joueurs les a mis sur la piste de leur vie professionnelle. 

D’autres de nos camarades préféraient plutôt les activités culturelles. Vous souvenez-vous de la musique classique qu’on jouait à la discothèque durant l’heure du midi ? Certains camarades ont fait carrière dans le domaine de l’opéra, de même qu’au théâtre. D’autres ont pratiqué la musique instrumentale avec l’harmonie du Collège, dirigée par Me Agostini. Certains ont commencé leur carrière politique en présidant l’association des étudiants, l’AGEMSL. Mais je ne crois pas qu’ils aient appris le communisme au Collège. […]

Je vous fais part d’une anecdote personnelle démontrant l’esprit ouvert ou avant-gardiste des frères. À l’âge de 17 ou 18 ans, je participais tous les samedis matin aux activités du Cercle Philippe Hébert, sous la direction du frère Gédéon Désilets, afin d’apprendre le dessin et la peinture. À chaque séance, nous devions faire des croquis au fusain d’un modèle vivant, en trois minutes, ou 10 ou 15, en alternant des poses.  Au début de mon apprentissage, le modèle vivant était un élève du Collège en tenue de basketball. Puis ce pouvait être une femme, habillée. Puis ce fut une femme en maillot de bain. Puis en bikini, puis en monokini, et puis sans kini du tout. Je crois que si tous les élèves du Collège avaient su cela, on aurait manqué de place à l’atelier du samedi matin. Cependant, lors de l’exposition de nos œuvres à la fin de l’année scolaire, nous devions dessiner un semblant de bikini par-dessus les croquis de nudité, afin de ne pas choquer certains esprits rétrogrades. […]

Vers la fin de nos études, nous avions de moins en moins de frères qui nous enseignaient.  […] Nous avons même eu une femme qui nous enseignait en sociologie. Et puis, lors de la rentrée de vacances en septembre 65, voilà que les magnifiques et imposantes balustrades bordant les escaliers avaient été recouvertes de contreplaqué. Et pour cause, l’arrivée des filles en Belles-Lettres, Rhétorique et Philo. Lorsque j’ai demandé à un frère la raison du contreplaqué, il m’a répondu par l’évidence : il y avait des filles, et en montant les escaliers, un garçon en contrebas aurait pu se tromper en regardant vers le ciel… Et puis le Collège a fait ses débuts d’agence matrimoniale, puisque certains garçons (ici présents) ont fini par marier des demoiselles rencontrées au Mont Saint Louis, et vivent encore avec elles.

Une anecdote dont un de nos camarades m’a fait part, faite à l’occasion de la bienvenue aux filles par le directeur frère Alarie : « grâce à votre présence, vous allez peupler le Collège ».

Il ne pensait pas si bien dire…

Je crois que la raison pour laquelle nous sommes présents ici à ce conventum, c’est parce que nous avons vécu des expériences heureuses dans ce Collège dirigé par les frères des Écoles chrétiennes. […] Je voulais par cette allocution contribuer à redorer le blason des frères, qui ont consacré leur vie à bien enseigner aux élèves qui leur étaient confiés. Moi je leur en suis très reconnaissant et sûrement vous également. Que cette allocution soit un hommage en leur honneur !

Ronald Scholer, promotion 1967

Décembre 2017

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