Jacques Nolin est le fils de Jacqueline Quevillon et Jean-Claude Nolin, promotion 1944. Ses frères, Pierre Claude, qui a occupé le poste de président du Sénat, et François, sont également des anciens du Mont-Saint-Louis.
Plus jeune que ses frères, Jacques a découvert le Mont-Saint-Louis de la rue Sherbrooke, avant de le fréquenter comme élève. Ses parents s’y rendaient régulièrement, notamment pour assister aux matchs de football des Kodiaks. Enfant, il a d’ailleurs porté les bouteilles d’eau pour une équipe de joueurs plus âgés.

C’est donc tout naturellement qu’en 1967 il entre dans ce grand et beau Collège où son père avait étudié. Jacques amorce son parcours scolaire sur la rue Sherbrooke, qu’il poursuivra sur le boulevard Henri-Bourassa jusqu’à la fin de la quatrième secondaire en juin 1972, avant de compléter sa formation au Collège Stanislas (lycée français) lors de l’année scolaire 1972-1973. Son sentiment d’appartenance au MSL reste profond, nourri par cette expérience partagée avec son père et ses frères.

On imagine aisément les conversations au sein de cette famille tissée serrée, où anecdotes et souvenirs du MSL se mêlent, évoquant les frères enseignants et certains professeurs laïques.
À l’Université de Montréal, Jacques se tourne vers l’économie, un domaine qui suscite rapidement son intérêt. Il poursuit ensuite ses études à Western University, où il obtient un diplôme de deuxième cycle en administration. Il fera l’essentiel de sa carrière chez Jarislowsky Fraser Gestion mondiale de placements, où il travaillera pendant 34 ans. Au fil de ces années, il développe une expertise reconnue et tisse des relations de confiance durables avec sa clientèle, composée d’individus, d’entreprises et de fondations.
Notre échange ramène inévitablement aux liens étroits entre la famille Nolin et le Mont-Saint-Louis. Plusieurs cousins et cousines de Jacques ont également fréquenté le MSL, et Louis, Simon et Virginie, les enfants de Pierre Claude, en sont aussi diplômés. S’il parle de ses enfants avec tendresse et fierté, il s’intéresse aussi à ses neveux et nièces. Son neveu Louis, promotion 2000, est aujourd’hui président de l’AAMSL !
L’importance de la famille est une valeur centrale chez les Nolin. Jean-Claude et son épouse ont su transmettre à leurs enfants un profond sens de l’unité familiale. Pierre Claude et Camille ont, à leur tour, contribué à perpétuer ces traditions en rassemblant la famille élargie.
Jacques parle de son père avec une tendresse qui se ressent au présent. Jean-Claude l’appelait affectueusement tovarich. Il évoque aussi sa mère avec une même affection, une femme digne et toujours élégante.
Si la « retraite » s’est présentée à lui un peu plus tôt que prévu, en 2022, (il aurait bien suivi l’exemple de son patron qui a su conserver la santé au travail jusqu’à un âge vénérable), le dynamique gestionnaire de fonds n’a pas choisi de simplement regarder la vie passer. Déjà impliqué dans diverses causes, il poursuit aujourd’hui ses engagements en redonnant à la communauté de multiples façons.



Et la musique, omniprésente tout au long de sa vie, occupe désormais une place centrale dans son quotidien. Guitariste passionné, il fait partie de trois groupes, dont l’un se produit régulièrement devant public. Lorsqu’il évoque son band Sound Emotion et son répertoire de rock des années soixante-dix, enrichi de compositions originales, nous sourions… Sans doute parce que sa chevelure argentée, qu’il porte avec naturel, son regard pétillant derrière ses lunettes et sa barbe soigneusement taillée, lui confèrent une allure de gentleman rocker, à la fois posé, élégant et libre.
De plus, au fil des saisons, il retrouve ses érables, qu’il entaille souvent avec l’aide de sa famille. Un neveu n’est jamais bien loin pour prêter main-forte. Mais par-dessus tout, ce sont deux petits-enfants qui illuminent la vie d’un couple complice, porté par un amour partagé de la musique.
Le 18 mars 2026, nous avons le plaisir d’accueillir Jacques Nolin au Collège. En entrant dans le bureau de la Fondation et de l’AAMSL, notre invité aperçoit immédiatement les verres Riedel MSL posés sur la table. Ah ! le bon vin ! Un intérêt certain, une passion transmise de père en fils. Évidemment, notre ancien repartira avec verres et ouvre-bouteille MSL.
Avec Jacques, nous faisons une brève visite du Collège. Le regard attentif, il reconnaît certains lieux et semble apprécier cet instant suspendu dans le temps. Ici, il s’arrête, replongé dans le souvenir de la pièce En attendant Godot de Samuel Beckett qu’ils avaient montée. À la cafétéria, il évoque la radio étudiante à laquelle il participait. Là le souvenir de Robert Brunette lui revient soudainement : Les cheveux ! Il surveillait la longueur de nos cheveux. Il sourit et ajoute : C’est peut-être pour ça que je les porte longs aujourd’hui !
Au deuxième étage de l’aile Papineau, il identifie l’une de ses anciennes classes. Plus de cinquante ans ont passé, mais notre ancien élève constate avec émotion que ce quelque chose propre au MSL est toujours bien présent.
La visite se conclut devant la photographie de son père, alors qu’il siégeait à la magistrature. Jacques repart avec son sac du MSL, discret rappel d’une étape marquante de son parcours.


Propos recueillis par Danièle Bélanger