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Regard sur le parcours de Paul-Émile Gauthier, promotion 1947 et Gilles Gauthier, promotion 1959

Paul-Émile et Gilles Gauthier viennent d’une famille de 11 enfants, de Vaudreuil. La maisonnée vivait sur une ferme dont la principale activité était la production laitière. Le père cultivateur approvisionnait notamment la laiterie J.J. Joubert fondée en 1899, alors la plus grande laiterie industrielle de Montréal, qui commanditait l’équipe de hockey sénior du Mont-Saint-Louis, du moins dans les années 1950.

Si certains enfants ont choisi de travailler auprès de leur père sur la ferme (3 des 7 garçons ont éventuellement pris la relève et l’un d’entre eux habite encore la maison familiale), Paul-Émile et Gilles ont opté pour des études à Montréal qui les mèneraient vers un parcours universitaire.

Vu que leur mère n’hésitait pas à se rendre à Montréal, parfois avec sa progéniture, pour faire des courses, les jeunes Gauthier élevés à la ferme connaissaient la grande ville, et notamment les Morgan’s, Eaton et Dupuis. Le Mont-Saint-Louis, situé au cœur de Montréal, représentait une certaine liberté, l’accès à une bonne éducation et à des études supérieures.

Paul-Émile a passé 5 ans au Mont-Saint-Louis, de 1944 à 1949. S’il a par moment été pensionnaire, il a surtout voyagé quotidiennement. Quant à Gilles qui a fréquenté le Collège de 1955 à 1959, il était externe et voyageait lui aussi en train profitant d’un service de transport efficace, un trajet de 50 minutes de Vaudreuil à Montréal. En marchant de la gare Windsor jusqu’au Mont-Saint-Louis, le jeune homme voyait la ville se transformer sous ses yeux. Il a pour ainsi dire assisté à la construction de la Place Ville-Marie.

Je questionne Paul-Émile sur le Mont-Saint-Louis, mais les souvenirs de sa vie professionnelle sont plus présents. Néanmoins, des noms surgissent de sa mémoire: le frère Marc, le frère Robert l’érudit, le frère Clément (latin, grec et philo). Il cherche encore, mais l’exercice est difficile. Puis vers la fin de la rencontre lorsque c’est plutôt Gilles qui se raconte, son regard s’illumine et il nous dit « le frère Jean en physique, c’est le nom que je cherchais ! »

Gilles se souvient de son premier jour au Mont-Saint-Louis. Il a été dirigé vers l’entrée des élèves après s’être malencontreusement présenté à l’entrée principale; c’est une impression de grandeur qu’il ressent. Il nous parle brièvement du frère David directeur (de la famille des biscuits David), de « brother Eusebius » (anglais et philosophie), du frère Romuald (français, littérature, histoire), un professeur titulaire passionné transmettant son savoir de manière calme et posée, du frère Alexandre en biologie dont la méthodologie pour aborder les questions scientifiques était fameuse et du frère René alias « B 27 ! »  Il constate que le Mont-Saint-Louis lui a fait aimer les études et la recherche des connaissances et du savoir.

Les deux frères Gauthier ont profité de l’enseignement scientifique du Mont-Saint-Louis et se sont dirigés vers des programmes universitaires liés aux sciences. Toutefois, Gilles nous raconte que le cours de philosophie qu’il a suivi lors de ses dernières années au Collège lui a procuré beaucoup d’agrément. Délaissant les sciences, le temps de quelques mois, il est devenu un mordu de philo. Longs textes manuscrits à l’appui, il nous présente à Paul-Émile et à moi la démonstration de cette passion naissante pour la philosophie. C’est dans l’atmosphère sereine et feutrée de la bibliothèque St-Sulpice sur St-Denis qu’il a rédigé ces brillants travaux. L’élève était doué pour cette matière, mais c’est à la Polytechnique qu’il a obtenu son diplôme en génie métallurgique.

Le récit de vie des deux hommes est passionnant. Ils ont tous deux été amenés à voyager dans le cadre de leur travail. Gilles a travaillé dans l’industrie de la sidérurgie et vers la fin des années 60, il a été président de l’Association des ingénieurs en corrosion du Canada. Au cours des années 1990 et 2000, il a été le responsable canadien de la terminologie pour l’organisation ISO 9000. Il a terminé sa carrière chez SNC-Lavalin, assumant notamment le rôle de secrétaire du comité technique, présidé par M. Bernard Lamarre et a agi comme expert technique, membre de la commission Quesnel sur l’écrasement du pont de la rivière Sainte-Marguerite à Sept-Îles. Son souvenir de voyage le plus marquant? Sept semaines en Tanzanie à « marcher une ligne électrique » afin de déterminer la cause de l’écroulement de deux pylônes.

Paul-Émile est quant à lui diplômé de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. Il a travaillé dans la fonction publique canadienne au sein du ministère de l’Agriculture, un poste qui lui a permis de développer une passion pour les voyages. Pendant 32 ans, il a notamment procédé à l’inspection des animaux lors de départs et arrivés dans les ports et aéroports.

 Paul-Émile a aussi voyagé avec des bêtes en accompagnant un troupeau en partance d’une ville canadienne vers d’autres pays ou en préparant des animaux de différents pays d’Europe pour leur importation au Canada. En janvier 2012, il prononçait une conférence pour les membres de la Société de généalogie de Vaudreuil-Cavagnal. Le titre de cet exposé « Deux traversées de l’océan Atlantique Nord avec bovins en transit – Années 1967 et 1976 », laisse présager un récit palpitant. Ses yeux s’illuminent lorsqu’il  évoque ces précieux souvenirs…

À la fin de la rencontre, Gilles me confie que pour lui l’histoire du Mont-Saint-Louis s’était achevée en 1969 sur la rue Sherbrooke. Cet emplacement choisi par les frères des Écoles chrétiennes, au cœur de la ville, était idéal.

Sa visite au Mont-Saint-Louis le 15 juin dernier et l’agréable repas qu’il a partagé avec d’autres anciens de la rue Sherbrooke auront peut-être eu raison de sa réserve. Après tout, Paul-Émile et Gilles ont souligné avec nous les 125 ans de leur Collège! Ils ont été impressionnés en sentant un dynamisme bienveillant, notamment par le groupe des arts.

Danièle Bélanger, promotion 1981

Août 2013

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